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Les caresses des ombres
Journal intime

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TchatcheBlog: Les caresses des ombres

Catégorie : Journal intime
Créé le :  06 sept. 2005 14h24 par Reikki
Modifié le :  24 août 2007 20h05
Visité :  6684 fois Cette semaine :  0 fois

Description :
L'histoire que je vais vous raconter a pour origine un rêve étrange que j'ai fait prendant 7 jours d'affilés. Tous mes proches amis étaient présents et jour après jour, j'avançais dans ce songe.
Je l'ai raconté à Rudeya qui m'a ensuite demandé de le romancer.
Donc voilà, j'espère que l'histoire vous plaira.
Je tiens à préciser que cette histoire parle d'amour avec un grand A peu importe le sexe des personnages donc homophobes et étroit d'esprit = CIAO!!
Il risque aussi (peut-être) d'y avoir des scènes sexuelles, violentes... donc attention!! ^^
Je tiens à dire que les caractères de mes personnages et leur physique m'appartiennent même si ce sont mes amis que je décris. (J'ai leur permission pour qu'il figure dans mon texte, des fois, je me demande pourquoi ils ont acceptés MDR). Donc, un jour si vous passez dans ma ville, ne vous étonnez pas de croiser mes personnages en pleine rue ... hihi, c'est un peu flippant!! LOL


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Bonjour
Créé le : 06 sept. 2005 14h41 Article posté par : Web

TchatcheBlog: Bonjour
Mon ange a eu la bonne idée de mettre mon histoire sur son blog. Au début, je ne savais pas trop si je devais le faire mais bon, comme j'ai eu des encouragements, par tout d'abord elle, mais aussi par ptitboue95 qui m'a mise dans ses blogs favoris, je me suis décidée à faire ce blog.
J'espère qu'il vous plaira. A très bientôt ...

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"Un rêve étrange qui me dérange ..." Superbus
Créé le : 06 sept. 2005 14h54 Article posté par : Web

TchatcheBlog: "Un rêve étrange qui me dérange ..." Superbus

3h30 ! Encore cette même heure, ce même rituel. Je me réveillais en sursaut à 3h30 précise, toujours 3h30, 3h30 DU MAT’ ! Je n’y coupais pas. Le clignotis rouge de mon réveil commençait  sérieusement à me gonfler, jamais une minute de plus ou de moins, toujours cette même heure encore et ENCORE.

Si ça continuait, j’allais commettre un meurtre ! Et en plus, pour couronner le tout, c’était toujours le même rêve qui me réveillait à cette heure fatidique.

              Un songe vraiment étrange, troublant et effrayant mais qui ne manquait pas d’un certain piquant ! Il me laissait toujours dans un état d’excitation peu commune avec des désirs si intenses qu’ils me brûlaient de part en part et me conduisaient ainsi, presque tout le temps, à prendre des douches glacées pour les apaiser.

Ce rêve assez … hmmm … « éprouvant » me donnait aussi toujours envie de manger, j’avais faim, TRES FAIM !

Tout aurait été pour le mieux si j’avais eu envie de fruits ou de laitages, les vitamines m’auraient été bénéfiques !

Or bizarrement ce rêve me laissait dans la bouche le goût amer du fer, je voulais du sang ! NON, je ne suis pas folle, laissez-moi finir !!

Je suis parfaitement équilibrée enfin, du moins, je le crois.

               Donc, quand je me réveille, je veux de la viande saignante voire bleue. C’est bizarre je sais ! Mais d’autres se font  bien des paellas ou du curry à cette même heure ! Non ? Est-ce que j’essaie de me rassurer ? Oui, c’est évident !

Bon je sais, oui je sais tout ! C’est fantastique non ? La viande bleue au réveil c’est gore, y’en a que ça ferait gerber d’ailleurs moi-même ça me fous des relents (désolé, c’est pas très poétique !) quand je vois le plat mais bon, une fois qu’on commence ça passe et puis j’adore la viande (eh oui, je ne suis pas végétarienne !) heureusement pour moi sinon je serais vraiment dans la merde ! Oups pardon !

               Ainsi donc, aujourd’hui comme hier et comme tous les autres matins depuis 2 semaines, je me lève à 3h30 pour me faire cuire un rôti bien juteux MIAM !! Mais aussi pour calmer mes envies ardentes avec l’aide répétée de douches froides et de glaçons, HUM !!

A cause de ça, mon stock de chair est descendu en flèche au grand plaisir de mon svelte boucher de 26 ans qui ne manque pas de me sortir des blagues salaces à chaque fois que j’y passe !

Sa clientèle étant à 95% composée de femmes, il doit croire que mes fréquentes visites ont pour réel motif le « matage » de ses fesses bien fermes d’ex-footballeur qu’il expose à la vue de tous et surtout de toutes dans des jeans ajustés et bien serrés !

Bon ok, il a un tout petit peu raison, j’adore regarder ce qui est beau et surtout cette partie là de l’anatomie masculine mais de là à en vouloir à son tablier y’a de la marge quand même !

Et zut, je revois ses fesses qui s’agitent devant moi tels deux belles pommes !

C’est malin, faut que je retourne sous ma douche ! Pfiou j’en ai marre ! On dirait que je suis en chaleur, tous mes sens sont en éveil et décuplés, c’est E.PUI.SANT ! Le moindre souffle, la moindre caresse me fait grimper aux rideaux.

Il faut sérieusement que je me calme ou je vais mourir d’expectase ! C’est pas que ça me dérange, c’est une mort plutôt sympa quand on y pense mais totalement ridicule quand on la provoque soi-même parce qu’on est passé trop près de la fenêtre ouverte et de son vent doux et caressant !

Ça y est, je recommence, je trip même sur le vent ! Va falloir que je bannisse mon sèche cheveux maintenant, au cas où ! Pitié, au SECOURS !!

               Alala n’empêche, heureusement pour moi que je travaille tôt (donc je rencontre pratiquement personne en chemin) et surtout SEULE (ouf ! parce que sinon il prendrait cher !) De plus, je ne me vois pas me recoucher après 1 : avoir englouti ce plat et 2 : avec une libido de chatte ! (Et pas de jeux de mots merci !) Je crois bien que mes rêves seraient pires et franchement, vu ce que c’est, je n’ai pas besoin qu’ils le soient. Des fois, je me dis que ça doit être ma profession qui veut ça, qui veut que mon imagination soit si débridée.

Pff chaque métier a un revers de médaille, je suppose, même si le mien n’est pas si déplaisant que ça.

               Malgré mes douches répétées, ce rêve ne m’avait pas quittée un instant depuis le début de mes créations. Essayer de l’ignorer était peine perdue, de plus il s’intensifiait de plus en plus à l’approche du vernissage.

Eh oui, vous l’avez sans doute deviné, je suis artiste peintre. C’est pour ça que me lever à 3h30 ne me dérange pas plus que ça, c’est juste le rêve qui va me faire péter une durite ! puisque je dois être à la galerie à 5h pour travailler mes œuvres et l’exposition ! (Ordres de mon agent et croyez-moi ne vous frottez pas à elle, c’est une barge et une esclavagiste !)

Depuis le jour où elle a découvert mon talent « très spécial » d’après elle, dans une petite ville de province, elle ne m’avait plus lâchée devenant en moins d’un an ma meilleure amie, protégeant mes intérêts et moi par la même occasion comme un chien affamé protégeant son os !

Bon ok, l’image n’est pas bien choisie. Elle n’a rien d’un requin mais cela représente vraiment bien sa ténacité.

               Je m’habillais comme toujours avec de vieilles fringues, confortables, tâchées de peinture ! Je relevais mes cheveux bruns en une queue de cheval haute et m’apprêtais à partir.

Comme je l’avais prévu, le rêve était toujours bien présent dans mon esprit et une question m’obsédait de plus en plus, pourquoi  m’appelait-on Lil dans ce songe ?

C’était un diminutif ou un nom particulier ? Je ne m’appelais pas Lil c’est sur ! Et pourtant dans les rêves n’est-on pas censé garder son prénom même si notre corps change de forme ?

J’en sais vraiment rien, d’un autre côté je ne suis pas Freud. Cependant, bizarrement ce nom me rendait nostalgique ainsi que les personnes sans visage qui le prononçait à tout va ! Serait-ce une r … ? Non, c’est impossible, je divague ! Je suis athée, je ne crois pas à toutes ces sornettes. J’admire les auteurs de la Bible pour leur imagination mais soyons sérieux qui pourrait croire à ce tissu de chimères ?

Bon ok, 1/3 de la population mondiale y croit ! Enfin j’exagère un peu ! De toute façon chacun est libre de penser ce qu’il veut. De plus, me connaissant ce rêve est sans doute lié aux peintures de ma nouvelle exposition. Elles ont pour sujet : Les délices de la tentation.

Cela ne m’étonnerait donc pas que ça vienne de là.

               Ainsi, perdue dans mes pensées, j’avais cheminé sans m’en rendre compte jusqu’à la galerie. Il était 5h pile ! C’est fou ce que je suis douée !! La galerie datant de 1903 était placée dans une petite rue pavée de la cité, proche de l’avenue principale. Sa façade possédait des colombages et une petite enseigne où était inscrit « galerie » en vieux français. Cette pancarte était splendide, ciselée et décorée avec soin dans de la feuille d’or.

Elle était petite mais c’est justement pour ce critère (en grande partie) qu’elle avait été choisie. Le vernissage se voulait intime ! Cet endroit serait parfait d’autant plus qu’il possédait un atelier dans son fond, idéal pour moi qui « peaufine » sans arrêt mes tableaux.

               En entrant, je ne fus pas surprise de trouver Rudeya, mon agent qui m’attendait l’air contrarié ! Enfin nan là je suis sympa, elle était furieuse oui !!!

Les critiques de ma précédente exposition lui remuaient sans doute encore l’esprit.

Dans un tailleur pantalon noir anthracite, elle était splendide ! Elle me ferait presque regretter de ne porter qu’un vieux jeans délavé, troué et mon débardeur rouge !

Mince et élancée, on pourrait penser que c’est un mannequin aux premiers abords. Grande, sa démarche souple et cadencée envoûte les malheureux qui ont le bonheur de la croiser !

Si je dis « malheureux » c’est tout simplement parce que les hommes n’ont aucune chance avec elle. Notre belle Rudeya est lesbienne, enfin bi mais je dirai qu’en ce moment elle est plus portée sur la vague de la voile que sur celle de la vapeur ! Où l’inverse je ne sais jamais !!

Ses magnifiques cheveux châtains coupés assez court lui font ressortir son perçant regard émeraude.

Avoir une telle femme devant vous est un pur bonheur pour les yeux.

               Seulement, à voir sa mine, j’allai avoir droit à l’ouragan Rudeya !

             _ « Tu es en retard », me lança-t-elle.

             _ « Bonjour à toi aussi et NON j’arrive juste à temps, il est 5h à ma montre mais visiblement aujourd’hui ce n’est pas assez tôt n’est ce pas ? » répliquais-je sèchement ! Elle aurait pu me dire bonjour non ?

             _ « En effet ! Tu devrais être là depuis 3h30, ton vernissage est dans 5 jours et il manque encore 3 toiles ! » Reprit-elle, sans se démonter, sur un ton défensif.

Tiens, tiens encore 3h30 mais qu’est-ce qu’ils ont avec cette heure ?!? Ça va me rendre dingue.

Moi qui pensais que la cause de sa mauvaise humeur était les critiques, je me suis plantée en beauté !

             _ « Excuse-moi mais je ne peux pas être ici à 3h30 puisque je PARS d’ici à 23h ! Tu sais, les artistes aussi ont besoin de dormir, au moins un minimum. Et puis, il ne reste plus qu’1 toile ½. J’ai fini l’autre hier ! » Répliquais-je sur un ton plus doux.

J’avais autre chose à faire que de me disputer avec Rudeya ! En plus, je n’aurai pas pu suivre, j’étais trop fatiguée pour me disputer correctement.

             _ « Tu es décidément trop nonchalante, c’est dingue ! A croire que tu ne stresses jamais pourtant depuis les dernières critiques, tu devrais te montrer plus rigoureuse », déclara-t-elle, elle aussi sur un ton plus contenu. Rudeya n’avait pas non plus envie d’entamer une dispute ! Finalement j’avais pas tord sur le pourquoi de son humeur massacrante !!

             _ « En effet, je ne stresse pas ! C’est inutile et pour ce qui est des critiques, je m’en fous. Chacun à sa propre conception des éléments qui l’entourent. Les critiques dans le domaine de la peinture sont, d’après moi, des jugements faussés ! Ils écrivent toujours d’après ce qu’ils ressentent et ces émotions dépendent de ce qu’ils ont vécus individuellement. Comment veux-tu que ce soit objectif ?

Je ne peins pas pour faire plaisir aux autres mais pour moi, s’ils apprécient ce que je fais tant mieux sinon c’est dommage !

L’avis du prétendit « connaisseur » ne me touche pas d’autant plus qu’ils n’ont, pour la plupart, jamais touché un pinceau dans leur vie. Si le public n’est pas stupide, il viendra se faire une opinion tout seul, voilà tout !! » Expliquai-je tranquillement.

             _ « Quelle tirade ! T’es vraiment désespérante ! » Dit-elle. Puis Rudeya reprit en se radoucissant :

             _ « Tu as l’air fatiguée, ça va ? Je sais que je t’en demande beaucoup mais je ne veux pas non plus que tu te rendes malade ! »

             _ « Non, ne t’inquiète pas, je dormirai après le vernissage et si jamais je tombe avant tu me rattraperas, OK ? » Dis-je en plaisantant.

             _ « Je ne trouve pas ça drôle Reikki !! » Me réprimanda-t-elle.

             _ « Oui, je sais tu ne trouve rien de drôle.

             _ « Tu exagères ! »

             _ « Oui c’est vrai, je suis désolée. En fait je suis fatiguée parce que je dors mal en ce moment ! Je fais un rêve étrange depuis 2 semaines. Après je n’arrête pas d’y penser !

             _ « Ah bon ? Pourquoi tu ne me l’as pas dit avant ? » Dit-elle inquiète.

             _ « C’est quoi comme style de rêve ? » Me demanda-t-elle.

             _ « Tu tiens vraiment à le savoir ? »

             _ « ça dépend, c’est comment ? »

             _ « Hot et hard !! Parfois gore »

             _ « Ah ouais les 2 H ! Ça doit être pas mal si ça t’empêche de dormir. Ça ne serait pas à cause de tes toiles que tu fais ce genre de rêves ? ».

Tiens, elle a eut la même idée que moi, les grands esprits se rencontrent !! Je sentais ce regard vert intense posé sur moi et je frémis. Rudeya avait un regard pénétrant et bien malgré moi, il me faisait toujours frissonner quand il se posait sur moi.

Je m’éloignai d’elle et répondit :

             _ « C’est possible ! Tiens au fait, regarde ma nouvelle toile !

Serais-je en train de changer de sujet ? Oui, certainement ! M’y faire repenser, c’était me faire ressentir une nouvelle fois l’excitation à laquelle j’avais eu tant de mal à me soustraire ce matin !

De plus, cette fois je n’étais pas seule et si je ne voulais pas violer sur le plancher cette charmante personne aux yeux de chat, j’avais plus qu’intérêt à me focaliser sur autre chose.

             _ « Voici la tentation de Pandore ! » Présentais-je.

             _ « Je ne croyais pas que c’était ainsi ! Les anciennes légendes ne devaient pas la voir ainsi non plus », lâcha-t-elle en riant.

             _ « Tu crois ? Moi, j’aime bien cette vision ! » Dis-je en ne pouvant réfréner un petit sourire malicieux que Rudeya capta. C’est dingue, elle voit tout !!

             _ « Oui, c’est sur. D’ailleurs ça se voit que ça te plait ! Faut dire qu’une Pandore nue se baignant dans une boite qui déverse sur la terre sang et malheur c’est pas mal comme image. En plus, sa peau blanche qui rayonne contraste bien avec ton sang rouge vif !

Au fait, pourquoi elle rayonne comme ça ? » Me demanda-t-elle intriguée.                              

             _ « Comment tu fais pour capter tout ce que je fais ? »

             _ « Tout simplement parce que c’est toi, alors pourquoi hein ? »

             _ « Ce n’est pas une réponse ! » Dis-je.

Rudeya est toujours énigmatique, elle élude toujours les questions qui l’arrangent et quand elle veut rien dire, rien ne peut la faire parler pas même du pentothal !

             _ « Alors ? » Redemanda-t-elle patiemment ! A ce moment là, je suis sure d’avoir vu une lueur d’amusement dans ses yeux ! Ne pouvant rien lui soutirer de plus je répondis :

             _ « Si Pandore brille, c’est parce qu’elle garde en elle l’espoir ! C’est la seule chose qui ne s’est pas enfui de la boite ! »

             _ « Ah oui, c’est vrai ! Je n’y avais pas pensé. Au fait, en parlant de boite, c’est quoi cette inscription ? »

             _ « ça ! » Dis-je en désignant des gravures sur la toile, «  je ne sais pas trop. Dans mes rêves, je porte le nom de Lil, j’ai du le retranscrire sans faire exprès pendant que je dessinais les ciselures de la boite »

Le pire c’est que ce nom m’énerve, je ne sais pas ce qu’il veut dire, ça n’a aucun sens !!

             _ « Tu crois ? Si t’avais regarder le livre de plantes que je t’ai apporté la semaine dernière, tu saurais ce que ça veut dire ! Ça t’apprendra à ne pas élargir tes domaines d’inspirations ! »

             _ « Bouh MECHANTE ! Je m’en suis servie de ton bouquin sinon comment aurais-je pu dessiner les fleurs sur la tête de Pandore !! Et puis, tout le monde n’est pas fan !! »

             _ « Ben t’a qu’à lire ce qui est écrit sous les images, ça aide parfois ! »Me rétorqua-t-elle.

             _ « Et puis pas la peine de faire ta tête de petite fille punie ! »Dit-elle en riant.   

Elle reprit :

             _ « Lil vient de la plante Moon Lil, c’est une fleur blanche qui n’éclot qu’à la pleine lune »

             _ « Wah t’en sais des choses ! Je suis É.PA.TÉE ! »

             _ « Vas-y, fous toi de ma gueule, je te dirai rien » Dit-elle sur un ton de faux reproches.

J’adore embêter Rudeya ! C’est tellement marrant faudrait créer un sport national comme ça ! Non je blague, elle risquerait de tuer les participants. Que je sache, je dois être l’une des très rares personnes qui peuvent la taquiner. J’en ai de la chance !

             _ « Désolé c’est plus fort que moi ».

             _ « Oué, je sais ! Bref c’est une plante ! » Elle me sourit et continua :

             _ « C’est pour ça que c’est étonnant de voir inscrit Lil sur cette boite quoique … (Ah, y’a un éclair de génie qui vient de passer dans ses yeux de félin !) … au niveau signification c’est pas mal ! »

               Elle avait le visage rayonnant ! Elle avait compris une chose que seule elle, pouvait comprendre !

             _ « Pourquoi tu dis ça ? »

             _ « Pour une férue de mythes en tout genre, tu me déçois ! Cette plante représente la lune et l’être ... »

             _ « … spirituel qui représente cet astre est l’archange Gabriel ! » Finissais-je à sa place.

             _ « Une fois que t’es lancée, ça va tout seul ! » Pouffa-t-elle.

             _ « Je vois que toi aussi tu te moque ! Hum … ! Gabriel l’ange de l’eau et de l’annonciation. Ca ferait Pandore annonciatrice de flots destructeur ? Oui, c’est pas mal mais il faut trouver le lien c’est assez Hard pour ceux qui s’y connaisse pas ! En plus, c’est mélangé deux mythes très différents entre eux »

             _ « Oui mais bon c’est classe ! Quand je pense que ta fais ça sans faire exprès, le génie repose sur peu de chose. » Dit-elle en explosant de rire.

             _ « Tu me cherche, là ? » Plaisantais-je.

Je fixai son regard sans me démonter ! Effort qui me valu un sourire et un clin d’œil.

             _ « Mais je t’ai déjà trouvée ! » Me lança-t-elle.

Bizarrement j’interprétai cette phrase comme lourde de sous-entendus d’autant plus que Rudeya détourna violemment son regard de moi.

Pour une fois, c’est moi qui avais gagné. Elle se dirigea vers la chaise qu’elle avait quittée quelques instants plus tôt. Je voyais son dos. Nous restâmes, quelques instants, silencieuses puis comme pour briser la gêne qui s’était infiltrée dans la pièce, Rudeya me demanda :

             _ « Tu m’as parlé d’une toile 1/2, tu as donc commencé un autre tableau ? »

            Alala, rien de tel que le boulot pour qu’on redevienne naturel ! C’est étrange non ?

Faut dire que toutes deux, nous adorons notre métier respectif !

             _ « Oui, j’ai commencé : la décadence des anges noirs » Dis-je en me déplaçant dans l’atelier. Rudeya ne s’était toujours pas retournée mais en passant a coté d’elle, je la senti frémir !

Est-ce que mes peintures la gêneraient ? C’est vrai que c’est les plus osées que j’ai jamais faite mais bon elle n’est pas du genre à rougir pour si peu, enfin je pense !

Se ressaisissant, Rudeya se retourna. Elle avait son visage d’agent, le visage impassible. Ça n’annonçait rien de bon. Elle regarda la toile et annonça :

             _ « Hum… prometteur ! Bon j’y vais, j’ai un rendez-vous je repasse vers 13 heures, on pourra déjeuner ensemble si ça te tente ! »

En disant cela, je remarquai qu’elle ne m’avait pas regardé une seule fois. Aurais-je dit ou fais quelque chose qui ne fallait pas ? J’en savais fichtrement rien !

Elle se dirigea vers la porte en faisant attention de ne pas se tâcher avec les toiles et la peinture qui étaient disposés en vrac un peu partout !

Elle s’arrêta sur le seuil et rajouta :

             _ « Je t’ai apporté du thé et des croissants au cas où t’aurais faim ! »

             _  « Merci mais j’ai faim d’autre chose ! » Dis-je tout bas. Elle se retourna brusquement et je lui souris  Je repris :

             _ « Qu’est-ce que je ne dois pas dire pour que tu me regardes ! »

Je lus le trouble que j’avais causé dans ses prunelles. Elle ne l’avait pas vu venir celle –là !

Finalement nous éclatâmes de rire toutes les deux, Rudeya avait reprit son éternelle expression de mère poule et cela me rassura.

En franchissant la porte, elle cria :

             _ « Tu n’as pas le temps de t’envoyer en l’air ma belle, tu as du pain sur la planche ! Bye, à tout à l’heure »

             _ « Oui, mon commandant ! » Criais-je à mon tour.

            J’étais contente, je ne sais pas trop ce qui s’était passé mais ce qui était sûr c’est que ça s’était arrangé !

Je trouvais ça sympa de sa part de m’apporter à manger mais franchement ce n’était pas la peine sauf si je voulais vomir ! J’avais encore le rôti sur l’estomac, ce n’était pas le moment de le noyer avec du thé et des viennoiseries !

            Je me mis au travail mais sans que je m’en explique la raison je n’arrivai pas à peindre .je restais muette et immobile devant cette toile qui ne demandait qu’à se colorer .La fatigue accumulée, les valises sous mes yeux que j’essayais d’ignorer chaque matin devant mon miroir, pesaient enfin sur moi (à moins que ce ne soit autre chose ! Mais je ne voyais pas d’autre raison).

J’étais soudainement devenue lasse. Je reposai mon pinceau et me dirigeai vers le petit matelas qu’on avait installé en cas de coup de barre !

Nan, ce petit lit disposé au fond de mon atelier n’est pas un lieu de débauche ! Je vous vois venir !! Il ne me sert qu’à ME REPOSER, je vous l’assure !

            De toute façon, avec le rêve que je fais, je n’ai pas besoin d’exercice physique ni même de sensation forte dans un lit ou … ailleurs !

Je me laissai tomber comme un sac sur ce vieux matelas et j’admirai le plafond de couleur crème. Lentement, je me senti fondre dans les profondeur d’un doux sommeil mérité que j’espérai reposant ! Hélas, grave erreur !

Logiquement je n’aurai pas du refaire ce songe ! Je ne l’avais jamais imaginé en pleine journée mais je crois que plus ça ira et plus il se fera insistant.

Il doit sans doute vouloir me faire comprendre quelque chose. Mais quoi ?

 

Il y a très longtemps loin d’ici,

Mon cœur tremblait…

C’était un regard échangé

Qui me faisait souffrir.

 

Le temps se mesure

Aux battements de mon cœur.

C’est le ciel qui m’y fait repenser…

AH…

L’ombre de la lune

S’étend à l’infini

 

AH…

Au cœur de mes rêves,

C’est un sourire errant.

 

Je me promène en cherchant la voix du temps…

Je M’envole en déployant mes ailes diaphanes…

 

Et mon âme s’égare dans un rêve …

Qui fuit vers les profondeurs de l’espace.

 

AH…

C’est une mer scintillante,

Douce et chantante,

AH…

Sur laquelle s’estompent,

Les vagues de mes souvenirs.

 

 

 

 

 

 

Fin du chapitre 1


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"Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse" Alfred de Musset
Créé le : 06 sept. 2005 17h00 Article posté par : Web

TchatcheBlog: "Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse" Alfred de Musset
     Je me retrouvai comme à chaque fois devant une énorme bâtisse, imposante du genre "grecque antique" aux colonnes géantes surplombées par des chapiteaux aux formes étranges dont je n'arrivais pas à reconnaître le style. Cela aurait pu être un temple s'il n'y avait pas eu, en son centre, une sorte de fontaine colossale de forme circulaire représentant une bataille entre des êtres ailés et qui surtout, déversé du sang sur les fins joins qui séparaient les dalles d'un marbre blanc pur, sans imperfections (ou quelque chose de la même couleur! ça aurait pu être du sirop de cerise? ouais, rêve!).
Le contraste était fascinant! Sur les murs noirs étaient drapées des étoffes précieuses, sans doute de la soie, rouges et blanches donnant à cet endroit un air intime annonciateur de futurs plaisirs incendiaires. Chouette! J'avais la sensation d'être dans un baisodrome géant! On pouvait loger combien de personnes là-dedant? Hum ... mais à quoi je pense!
Bref, éclairé juste par de simples bougies dont la lueur vacillante me donnait la chair de poule, j'avançais dans la salle. Dans toutes ces ombres, j'avais l'impression d'être observée. La pièce semblait vibrer de regards illusoires.
Le plafond représentait une sorte d'énorme sablier mais je ne savais pas ce qu'il pouvait signifier! C'était énervant de voir, de vivre tout ça, de penser comprendre mais de ne rien savoir en réalité.
     Je m'avançai vers la fontaine et appuyai sur un être androgyne d'une beauté époustouflante! Il semblait ordonner à tous les autres personnages qui décoraient la fontaine.
Les sculptures étaient si réalistes que j'avais l'impression qu'ils étaient vivants. C'était fascinant! Une porte d'albâtre couleur ébène avec d'intenses reflets bordeaux apparut sur ma gauche et je m'y avançais confiante. Je sentais encore tous les regards posés sur moi mais la salle avait arrêté de vibrer, la tension et l'énergie de la salle retombaient, était-ce un bien ou un mal, je n'en savais rien! Contrairement à mon alter ego, je me sentais effrayée mais cette personnes qui était ... moi, n'avait pas peur. On aurait dit qu'elle rentrait chez elle.
C'était étrange comme sensation, j'avais l'impression de regarder un film avec comme premier rôle: moi sans que je puisse contrôler ce qui se déroulait. Je voyais à travers ses yeux, ressentais ce qu'elle éprouvait aussi intensément que si cela se passait en réalité. j'étais véritablement dans l'obscurité la plus totale cherchant à tâtons la lumière qui aurait pu tout m'éclairer.
     Je franchissais la porte et je pus constater qu'elle était sculptée. Une sorte d'arbre y était gravé avec des inscriptions ressemblant à une langue morte que j'avais déjà vu sur des diapos en cours d'histoire au lycée. tout me disait quelque chose mais je n'arrivais pas à atteindre les réponses qui me brûlaient la bouche.
Sur le seuil, je voyais se dérouler davant mes pieds un immense escalier taillé dans la pierre. Il était spacieux, on aurait pu le descendre à quatre de front.
Je dévalai joyeusement ce gouffre et au bout d’un temps qui me sembla interminable, j’arrivai à une autre porte, sœur jumelle de la précédente à quelques détails près. Celle-ci était veinée, autour de la poignée de fins sillons rouges. J’étais admirative. En poussant la porte, je ressentis une vive douleur, je regardai d’où venait ce lancinement, je m’aperçus que c’était ma main qui saignait. Je compris à ce moment là pourquoi la porte avait une telle teinte alors qu’elle aurait du être blanche. Je poussais une nouvelle fois la porte en laissant ma main sur la poignée, je ressentis une légère succion, les rayures que j’avais remarquées quelques secondes plus tôt se remplirent de mon sang déclenchant ainsi le mécanisme qui ouvrit le chemin devant moi. Sur le mur, j’aperçus l’inscription suivante :

La volupté unique et suprême de l’amour gît dans la certitude de faire le mal. Et l’homme et la femme savent de naissance que dans le mal se trouve toute volupté.*

      Je ne savais pas encore ce que cette légende supposait mais je sentais que j’allai le savoir très vite. Je m’avançais de nouveau et j’arrivais dans une salle, la même que la précédente dans ses dimensions. Il y trônait un gigantesque lit à baldaquin aux draps blancs, si blancs que ça en était presque aveuglant.
Sur les murs (toujours noirs ! eh oui, ça ne change pas) des tableaux étaient disposés, ils représentaient des scènes liturgiques et mystiques que je connaissais sans, pourtant, réussir à les identifier. Je souris et m’avançai dans la pièce. La lumière douce des torches éclairait les lieux. A mon passage, elles s’enflammaient plus ardemment ce qui me permit de constater que je ne portais qu’un entremêlement de lanières de cuir noir et des voiles transparents bordeaux. Je traversais la pièce en direction de la porte que je distinguais au fond de la salle derrière le lit quand à ce moment une porte sur le côté s’ouvrit et une femme au cheveu brun frisé, à la peau bronzée et aux yeux noisettes apparut, complètement nue. Elle marchait d’un air satisfait avec un sourire de conquérante sur les lèvres, suivis de deux hommes.
Elle se coucha sur le lit, s’apercevant de ma présence, elle me regarda fixement et me sourit chaleureusement pendant que les deux hommes s’installaient autour d’elle. En passant près de cette femme, je vis qu’elle s’inclina. Je m’arrêtai. Elle descendit du lit et se mit à genoux devant moi. Elle commença à embrasser mes hanches découvertes. Cette scène était vraiment très étrange mais si érotique que je sentis un courant brûlant me parcourir la peau. En regardant cette fille, je sus que cela venait d’elle. Elle diffusait son pouvoir au travers de son souffle. C’était une aura de pur désir sexuel ! Essayait-elle de me séduire? CERTAINEMENT! A voir comment les deux hommes réagissaient à cette vague de pouvoir, ils étaient physiquement au bord de l’orgasme! Je luttais contre l’envie de la remettre sur son lit entre les deux hommes qui se masturbaient mutuellement et de m’enfuir en courant le plus vite possible! Malheureusement mon corps refusait de bouger (comme s’il allait m’écouter maintenant plus qu’avant! Pff). Le pire fut que j’éprouvais un réel plaisir (celui qui noue l’estomac) à sentir que son aura ne me faisait absolument rien, voire juste l’esquisse d’un sourire. Je la dominai complètement, sans effort et j’adorai ça!
Je la repoussai gentiment. Elle me retint cependant le bras, collant sa bouche sur la plaie que la porte m’avait infligée.

                                           
                                                                                       Il est peu de plaisir sans douleur **
 


Je lui souris, les yeux doux tel une mère admirant son enfant. Elle relâcha son étreinte et je m’aperçus que la blessure avait disparu. Elle me regarda avec ses yeux magnifiques et avec un reste de sang sur le coin de sa bouche que j’eue envie de lécher.
M’arrachant à sa contemplation, elle me dit :        
          
_ « Lil, bienvenue. Vous nous avez manqué, où étiez-vous passée? »
           _ « J’étais nulle part et partout! Tu le sais bien, non?

          
_ « Oui je le sais. Pardonnez ma curiosité! » Répondit elle en inclinant le tête respectueuse et craintive.

          
_ « J’étais en mission » Déclarais-je.

Visiblement soulagée que je lui réponde ainsi, elle reprit plus confiante :

          _ «  Mais pourquoi passez-vous par le labyrinthe d’initiation? Voilà bien longtemps que vous l’avez traversé. Vous détenez même le record en ayant franchit les 666 salles en trois semaines terrestres ».
            _ «  Oui, c’est vrai » Riais-je. J’avais tout simplement envie de tester mes braves succubes et incubes! Tu m’amuses Oni, ces quelques siècles t’ont donné plus de maturité et de confiance en toi! N’oublie pas que donner du plaisir est une compétence qui se travaille.

           _ « Veuillez pardonner mon effronterie! » Dit-elle s’abaissant plus bas que terre. « C’est un honneur pour nous de vous voir ici et nous espérons être digne de votre présence! »

          
_ « Ne tremble pas ainsi, je ne te ferai rien ! Ne me confond pas avec les autres! J’espère que ma visite vous donnera de l’ardeur et qu’elle vous permettra de battre les vampires. Ils ont gagné de peu ».

          
_ « Oui, nous nous rattraperons! Il en va de notre titre ».

          
_ «  C’est exact, vous êtes censé être le plaisir à l’état pur, le sexe personnifié, les meilleurs amants! C’est du moins dans cet esprit que je vous ai créé ».

          
_ « Nous ne vous décevrons plus. Puis-je espérer être votre première épreuve ? »

          
_ « Non, tu connais les règles, tu n’étais pas dans ta salle quand je suis entrée! » J’ouvris la porte, laissant cette femme reprendre avec les deux hommes qui avaient visiblement très envie qu’elle s’occupe d’eux et ainsi de la connaître …euh… plus profondément!

Ok, ok c’est déplacé mais bon vu tout ce que j’avais vu je pouvais bien me le permettre.
Elle me regardait partir comme un chien qui sait qu’il ne pourra pas déguster le succulent poulet qui est sur la table de ses maîtres. Ce genre de regard est, croyez-moi, très gênant! En tout cas, moi j’ai du mal et je me félicite de ne pas avoir ouvert les hostilités avec cette sculpturale jeune femme.

    
La pièce suivante était différente du tout au tout. C’était une salle ovale avec en son centre un énorme jaccouzi! A l’intérieur, un homme nu au corps de dieu grec! Comme par hasard, pff mais qui n’est pas nu ou pratiquement dans ce palais! Hum palais? Comment ça se fait que les réponses à mes questions sortent toujours quand je suis agacée ou que je ne m’y attends pas!! J’aimerai avoir, au moins, le contrôle de ma pensée! D’un autre côté, c’est idiot de penser ça dans un rêve.

Bref, me voyant entrer, il s’approcha de moi, l’eau qui ruisselait de son corps luisait ses muscles parfaits, sa taille sculptée, ses abdos développés … hum, je m’égare là. Restant toujours dans le liquide saupoudré de pétales de roses, il m’encouragea d’une main tendue vers moi à le rejoindre.

Ses yeux bleus m’hypnotisaient totalement, on aurait dit deux opales, laiteux et irisés. Ils étaient magnifiques d’autant plus que ses cheveux noirs mi-long les faisaient ressortir encore plus. Sa bouche rosée était un invitation aux baisers les plus torrides, son nez droit une pure merveille. Une telle beauté ne pouvait exister chez les mortels, elle aurait été interdite! Mais quoi de plus normal pour un vampire d’être en apparence si parfait.
Hé là, comment je sais ça? J’en ai marre! Je n’ai pas l’impression que c’est moi qui narre le film parfois. Je me fais l’effet d’une voix off ! Pff il faut que mon double arrête, RENDS-MOI MON CORPS!
     Je tournai la tête pour admirer la pièce. Il y avait une porte sur le côté et derrière le bassin. Le plafond ben en fait, il n’y en avait pas. C’était un ciel étoilé avec une immense lune comme on en voit qu’en été. D’ailleurs la chaleur de la pièce était supérieure à celle de la salle précédente, on se saurait cru dans une serre de plantes tropicales.

En le voyant avec sa main tendue vers moi, j’éclatai de rire et je pris l’aide qu’il me donnait. Il me fit pénétrer dans l’eau, elle était chaude et parfumée. C’était terriblement agréable ! A son contact, je ris de plus belle. L’eau était comme une caresse de satin, c’était si doux que je me demandai réellement si c’était vraiment de l’eau.
Une fois dans le bassin, je me rendis compte que ce que je croyais être un jaccouzi se révélait être, en fait, une source d’eau chaude comme on en voit au Japon. Des plantes encadrées le point d’eau, des arbres immenses poussèrent subitement ainsi que toute une végétation luxuriante.
L’homme s’avança près de moi et me susurra à l’oreille : 
    
            _ « Bienvenue Lil! Je suis heureux d’être présent aujourd’hui! Dis-moi, c’est une visite ou tu comptes faire toutes les épreuves? »
            _ « Tu m’en vois ravie aussi! » Ris-je. « Je pense que oui, je vais toutes les faire, tout dépendra du divertissement que l’on me proposera! De plus ce serait du gâchis » Dis-je en baladant mes mains sur son torse parfaitement musclé. « Il semblerait aussi que certaines personnes pensent que j’ai besoin d’entraînement, que j’aurai perdue ma vigueur et que je ne mérite plus vraiment mon titre! ».

            _ « Quels sont ces êtres fourbes que je les exécute aussitôt! Personne n’est plus digne que toi d’être ce que tu es!» Ragea-t-il. 
      
           
_ « Du calme Ezan ! Ce n’est rien et puis moi ça m’amuse. Ils se croient en sécurité dans leur belle tour d’ivoire mais bientôt ils verront que leur inertie de plusieurs siècles leur coûtera leur tête. Ils croient détenir la vérité avec leur bouche pleine de fiel mais ils se trompent. » Lâchais-je pendant qu’il défaisait les lanières qui couvraient ma poitrine et qu’il m’embrassait le cou fiévreusement.
          _ « Tu crois que tu vas l’emporter? » Murmura-t-il. « Tu sais bien qu’il est très dur physiquement de passer cette épreuve! ».

         
_ « Non, je sais que je vais gagner, c’est différent! » Dis-je énervée en le repoussant et en plantant dans ses yeux opaques un regard dominateur. « Tu as beau être puissant et bien placé dans la hiérarchie démoniaque, n’oublie pas qui je suis! JE SUIS … »

                                   ...
 
        
         
          _ « REIKKI, REVEILLE TOI ! REIKKIII !! ».
Je me réveillais en sursaut, Rudeya penchée sur moi, l’air paniqué.
          _ « Qu’est ce qu’il y a? » Dis-je tout bas en essayant d’émerger. Les yeux effarés, Rudeya mit quelques secondes avant de comprendre que je lui avais posé une question.
          _ « Tu, tu … j’ai cru que tu étais … » Essaya-t-elle d’expliquer, tremblante. Je vis dans ses sublimes yeux verts que mon agent avait eu la peur de sa vie.

         
_ « Mais qu’est ce qu’il y a? Ok je dormais mais ce n’était pas la peine de me secouer comme un prunier! » Plaisantais-je.

         
_ « Mais si! Que dis-tu! On aurait dit que tu faisais une crise d’épilepsie, les yeux grands ouverts et tout … » Dit-elle précipitamment.

         
_ « Quoi!?! Ce n’est pas vrai! Heureusement que je n’ai plus personne, je ne te raconte pas le tue l’amour que ça aurait été! » Raillais-je.

       
  _ « Ce n’est pas drôle, j’ai eu peur! Tu ne répondais pas au téléphone. Je sais que des fois tu es tellement prise par ta peinture que plus rien n’existe autour de toi alors je suis venue te chercher. J’ai sonné mais pas de réponse. Je suis donc entrée dans l’atelier …  je sais que tu me l’as interdit parce que tu n’aimes pas quand on te regarde peindre … et là je te vois écroulée sur le matelas bougeant comme une dingue, les yeux grands ouverts. Désolée de flipper mais bon, t’aurai fait pareil je crois!

Puis en plus ça fait bien 10 minutes que j’essaie de te faire reprendre conscience. » Dit-elle plus calmement en m’aidant à me relever.
         _ « Eh! Dis-moi est ce que j’avais un filet de bave sur le coin de la bouche? » Demandais-je incrédule.
        
_ « Reikki!! Ce n’est vraiment pas marrant!! Tu ne me crois pas? » Me répliqua-t-elle sèchement.

        
_ « Si je te crois. C’est juste que c’est difficile à imaginer. Quoiqu’il en soit je suis désolée de t’avoir fait peur, je devais être encore en plein rêve d’ailleurs j’allais enfin savoir qui j’étais.

Au fait pourquoi t’es rentré si vite ? Ça ne fait même pas 10 minutes que je dors! » Déclarais-je une fois debout.

        
_ « Quoi? Mais qu’est ce que tu racontes? Ça fait environ 5 heures que je suis partie. »

        
_ « Nan, c’est impossible! » Dis-je en regardant ma montre. Subitement je fus prise de vertiges et je partis à la renverse m’accrochant à ce que je pus au passage pour freiner ma chute. Le « ce que je pus » fut la veste de Rudeya qui tomba comme une masse sur moi. La dégringolade fut lourde et rude malgré le matelas au dessous de nous.

       
_ « Ça va? Tu ne t’es pas trop fait mal? » Demanda Rudeya, son visage anxieux à quelques centimètres du mien.

       _ « Si très mais ça va, je ne suis pas en sucre de toute façon et toi? Dis-je en détournant mon regard du sien.

      
_ « Moi, ça va! Tu fais un très bon amortisseur. »

      
_ « Ravie de l’entendre. Tu peux te relever? » Raillais-je.

      
_ « Oui, tout de suite! » Dit-elle.


     Elle essaya de se relever mais elle retomba aussitôt mais cette fois-ci elle amortit sa chute avec ses bras! Elle était à cheval sur moi, ses bras encadrant ma tête.

      
_ « Il semble qu’on ait un problème. » Lança-t-elle.

Quelque chose s’était accrochée à ma ceinture. C’était son pantalon! Et merde!! Si on ne voulait pas le déchirer, il faudrait y aller doucement. Ça tombait très mal parce que ce temps je ne l’avais pas.

      
_ « Tu peux te dégager? » Demandais-je.

      
_ « Je ne sais pas, je regarde! » Répondit-elle.

      
_ « Alors tu y arrives? » Dis-je, ma voix trahissant malgré moi mon empressement.

      
_ « Non c’est bloqué! Pourquoi? T’es pressée? ».

      
_ «  Euh nan mais on ne peux pas rester comme ça !».

      
_ « Moi ça ne me dérangerai pas. » Dit-elle tout bas.
       _ « Quoi ?».
      
_ « Il faudrait que je défasse ta ceinture et ton jeans mais ce n’est pas évident à faire ainsi coucher sur toi alors si tu pouvais le faire. » M’expliqua-t-elle.


     J’essayais tant bien que mal (plutôt mal que bien) d’éviter ce regard émeraude pour qu’elle ne puisse pas voir le désir qui déferlait sur moi de plus en plus violemment. Et merde, en temps normal, on aurait pu prendre tout notre temps pour se dégager mais là c’était différent, mon rêve m’avait encore flanquée des envies peu avouables! Si jamais elle restait une seconde de plus sur moi je lui arracherais ses fringues! Il fallait faire vite. Je défis ma ceinture et mon pantalon et dégageai les boutons si contraignants.

Cependant Rudeya resta sur moi.

          
_ « Ayé c’est fait! Tu peux te relever tu sais. Pourquoi tu ne te lèves pas, ça ne va pas? Tu te sens mal? Demandais-je angoissée de ce que mes mains pourraient faire entre temps.

          
_ « Non, ça va! » Déclara-t-elle.

          
_ « Ben dépêche alors! » Dis-je en essayant de retenir mes pulsions sexuelles. Ce qui n’était pas évident! Plus le contact de nos peaux se faisait long et plus mes résistances tombaient, une à une, inévitablement. Je sentais son corps brûlant, ses formes sensuelles au travers de ces tissus fins et doux qui constituaient ses vêtements, je voyais ses traits parfaits et ses yeux intensément verts. Sa bouche merveilleuse m’hypnotisait et m’appelait à l’embrasser. Son parfum m’enivrait à présent et je n’avais plus qu’une envie : lui faire l’amour.

          
_ « Pourquoi? Ça te gênes? »  Me murmura-t-elle à l’oreille.

 A ton avis, idiote!! Ces quelques mots, pourtant banals, m’avaient fait de l’effet! Ils suscitaient en moi encore plus de convoitise, d’envies … des frissons parcouraient tout mon corps. D’ici quelques minutes, je n’en pourrai plus du tout.

         
_ « Euh oui … NON, lèves-toi. » Répondis-je difficilement, la voix grave presque rauque de désir contenu.

Rudeya se serait-elle aperçu de quelque chose. Elle susurrait à présent. Son souffle chatouillait mon cou et rendait mes frissons incontrôlés.

                                                         
L’amour panique de la raison,
                                                                             Se communique par le frisson ***


     Il fallait vraiment qu’elle se relève ou sinon je la violerai.

         
_ « Non je n’ai pas envie. » Lâcha-t-elle.

         
_ « Et moi je n’ai pas envie de jouer! » Dis-je irritée.

Rassemblant mes dernières forces et ce qui restait de mon esprit lucide j’entrepris de déplacer mes bras, de poser mes mains, entre elle et moi, sur ses épaules afin de la relever. Dans ma tentative, j’effleurai sa poitrine lui tirant un hoquet de surprise. Heureusement que personne ne passait par là parce que je ne vous raconte pas la scène! Rudeya et moi à demi vêtue dans une pose explicite! J’étais confuse.

Rudeya, elle,  avait un grand sourire au lèvre, ah la conne, ça la faisait rire! Ça l’éclatait de me voir paniquer ainsi face à mes pulsions.

        
_ « Je ne trouve pas ça drôle, lève-toi! » Lançais-je sévèrement.
         _ « Oh Reikki voyons, de quoi tu parles? » Dit-elle  candidement.
         _ « Ne fais pas l’innocente! » Répliquai-je.
       
  _ « Je ne vois vraiment pas de … ».
        
_ « T’es une garce, tu le sais! » Coupai-je en me relevant de toutes mes forces, bousculant Rudeya qui était assise sur moi. C’est fou ce que la colère donne d’énergie!

        
_ « Oh ne te fâche pas! Ce n’est pas souvent que j’ai l’occasion de te voir gênée. D’ailleurs quand j’y pense, c’est la première fois! » Déclara-t-elle.

        
_
« Profites-en parce que ce sera la dernière! » Tonnai-je.
         _
« Pourquoi tu étais si embarrassée? »  Demanda-t-elle d'un ton badin.
         _
« Fiche moi la paix! » Fulminai-je.
         _
« Dis-moi la raison de ta colère! » Réclama-t-elle, soucieuse.
         _
« Lâche-moi » Récriminai-je.
         _
« Mais je ne te tiens pas ... »
Je la fusillais du regard! Sa blague n'était pas du tout la bienvenue! Rudeya, comprenant qu'il était inutile de me parler, préféra s'eloigner le plus de moi en attendant que la tempête ne retombe.
Franchement, elle était pire qu'une gamine. Je décidai donc de la planter là et d'aller faire un tour pour m'aérer l'esprit. Je l'entendis me parler mais c'était trop tard, j'avais déjà claqué la porte! Il fallait surtout que je calme mes hormones et pour cela, je devais être seule sinon je risquai de lui sauter dessus.

                                                     Fin du chapitre 2

* C. Baudelaire
** Voltaire
*** V. Hugo

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CHAP ITRE 3: “Le souvenir, c’est la présence invisible" Victor Hugo
Créé le : 03 oct. 2005 09h24 Article posté par : Web

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_" Reikki, attends s'il te plaît! Je suis dés ... olée". Dit Rudeya précipitamment mais c'était trop tard, la porte avait déjà claquée derrière la petite brune.


Cette fois, elle était allée trop loin, elle le savait. Ce qu'elle avait fait aujourd'hui n'avait rien à voir avec les taquineries qu'elle avait l'habitude de lui faire. Cette fois, il y avait des sous-entendus, elle en était consciente.

En général, elles se chamaillaient, faisaient des allusions moqueuses sur leur vie privée et flirtaient même ensemble quand elles avaient décidés d'allumer des gars en boîte ou qu'elles buvaient trop. Mais tout ça était toujours sur le ton de la plaisanterie et elles deux, le savaient bien mais bizarrement depuis quelques jours, le ton léger qu'elles prenaient pour parler de ça signifiait bien plus. Maintenant, elles avaient vraiment l'impression que tout ce qu’elles se disaient avaient un double sens et cela, les gênaient plus qu’il n'aurait fallu.

Depuis quelques temps, elle se comportait bizarrement avec Reikki mais rien de tel avec ce qui s'était passé aujourd'hui. Depuis quelques semaines déjà, elle la trouvait changée! Sa petite artiste aux origines latines était plus attirante, plus belle enfin elle l'était déjà avant, mais en fait, elle ne saurait dire ce qui l'avait transformée à ses yeux.

Franchement, elle était irrécupérable! Reikki était peintre, de plus, elle était son agent mais le problème était qu'elle la considérait de plus en plus comme la sienne.

C'était SON artiste.

Il fallait vraiment qu'elle arrête de faire n'importe quoi. Elle ne pouvait avoir que des relations professionnelles et c'est tout, sinon elle courait le risque de perdre la seule amie proche qu'elle ne s'était jamais faite ... pourtant dans les yeux énigmatiques et ténébreux de la jeune fille au teint halée, elle avait cru déceler quelque chose!

C'était du désir, elle en était persuadée. Ce désir fulgurant et brûlant, qui réchauffe le sang et le bas du ventre.

Mais fallait-il pour autant lui sauter dessus?

_" Bon sang que vais-je faire! Je ne peux pas ... NON je ne peux pas, son travail, notre amitié passe avant tout!". Se raisonna-t-elle.

Elle s'assit sur une chaise et prit sa tête entre ses mains, les coudes sur les genoux. Quand son téléphone portable bourdonna, elle bondit dessus dans l'espoir que ce soit Reikki même si elle n'y croyait pas trop.

En effet, elle eut raison. C'était Raince Law, l'associée de Rudeya.

_" Allo Ruya? On a un problème. McGils ne veut plus faire sa conférence de presse!". Dit-elle calmement.

_" Et pourquoi?". Demanda Ruya, qui avait repris son masque de travail.

_" Eh bien, parce que Masabraud est en ville! McGils flippe qu'elle vienne à la conférence". Répondit-elle.

_" Quoi? Je ne savais pas qu'elle était ici! Elle ne devait pas être à Milan pour couvrir la représentation des Jeunes Talents?". Questionna Rudeya.

_" Ben, il faut croire que non". Répliqua placidement Raince.

_" Et merde, elle va s'incruster au vernissage de Reikki". Dit Rudeya, agacée.

_" Ouais, je pense. Elle n'aurait pas fait demi-tour sinon. Bon, on fait quoi? On maintient la conférence et le vernissage tels qu'ils sont?". Demanda Raince.

_" On ne peut pas faire autrement! Tout est déjà prévu. Ca paraîtrait bizarre de passer d'une démonstration publique à une privée. Je ne veux pas qu'on croit que nous avons peur surtout après les dernières critiques. Merde! Quand je pense qu'on avait tout supposé pour qu'elle ne soit pas présente". Divulgua l'agent aux yeux verts.

_" Il va falloir qu'on improvise!". Annonça Raince.

_" Mouais, comme d'hab'!". Lâcha Rudeya.

_" Ca ne va pas déranger Reik'?". S'enquit l'associée.

_" La connaissant, non pas vraiment, elle sera même ravie que la plus grande critique artistique du moment soit là! Je crains juste ses réactions". Dévoila Ruya.

_" Sacré Reikki!! Elle va bien? Ses toiles avancent au fait?".

_" Ouais ça avance mais j'ai gaffé tout à l'heure!'. Avoua Rudeya.

_" Merde Ruya, ne me dis pas que tu l'as encore fait chier? T'es au courant qu'il faut laisser tranquille les artistes?". Lâcha Raince, embêtée.

_" Oui je sais! Mais c'est plus fort que moi". Grommela-t-elle.

_" Arranges les choses!". Ordonna Raince.

_" Ok, ok. Je vais le faire". Murmura l’agent aux yeux verts.

_" Quoi ? Répètes ? ". Lança Raince, agacée.

_" Oui, je vais le faire !". Dit Rudeya, en haussant ostensiblement la voix.

_" Hum, c’est mieux ! Bon, je te laisse. J'ai encore pas mal de truc à régler à l'Agence. Au fait, tu devrais passer en fin d'après midi". Conseilla-t-elle.

_" Pourquoi?". Demanda Rudeya.

_" Ben, parce que ta moitié du moment appelle légèrement toutes les cinq minutes et ça me saoule franchement, je ne suis pas ta standardiste! Il faudra bien que se le carre dans sa tête de piaf". Lança Raince, irritée. " Elle n’a pas ton numéro de portable? A moins que tu ne l'ais pas sur toi? Je te dirai, je ne l'apprécie pas vraiment mais bon, comme tu ne m'écoutes jamais". Reprit-elle, en se calmant.

_" Rain ... Ne commence pas s'il te plaît. Reikki l'aime bien, elle". Confia-t-elle.

_" Oui, parce qu'elle est trop gentille et qu'elle ne veut pas te faire de la peine. Mais sache que ton amie a quand même dit à Reikki de ne plus s'approcher de toi! Elle ne manque pas de culot cette garce! Mais bon, si elle est si bonne que ça au lit, tu ne peux pas lui en vouloir". Rapporta la jeune associée, contente de lâcher sa bombe.

_" Rain ... ". Dit Rudeya.

_" Bon, j'y vais! Salut ! Et passe le bonjour à ma petite Reikki. Ciao!". Coupa-t-elle.

_" Si je pouvais ... ". Pensa Ruya, refermant le clapet de son téléphone.

_" Mais pourquoi ne m'a-t-elle rien dit?".


...

Je me baladais près de la rivière qui longeait l'ancien quartier, où était basé mon atelier. Les rives étaient composées de petits chemins de terre, abrités par l'ombre de grands chênes. Par cette chaleur (et c’est un euphémisme), c'était vraiment très rafraîchissant! Bizarrement j'étais la seule à me balader en débardeur. Tout le monde me regardait comme si j'étais une extra-terrestre, étrange non ? Quoique ... Ne faisait-il pas assez chaud? Si, sans doute pour des pingouins. Ah, je blague, il devait juste faire dans les 20°C, pas de quoi tirer une tête de cinq pieds de long.

S'ils avaient aussi chaud que moi en ce moment, ils ne me prendraient plus pour une folle échappée de l'asile. Je frôlais l’évanouissement ! Si j’avais pu, je me serai jeter dans le lac !! Là, au moins, ils auraient eu des raisons de me dévisager.

J'entendais des rossignols, des rouges-gorges, des pies, des canards, des hérons et d'autres oiseaux qui plongeaient dans cette eau glaciale afin de pêcher leur pitance. Je me sentais mieux. Je refroidissais lentement et les petits gazouillis de la nature m'apaisaient.

Ce petit coin de paradis n'était là que pour moi. Il n'y avait personne dans les environs, ce qui était sans doute normal puisqu'à cette heure, les gens ordinairement constitués sont trop occupés à rentrer chez eux pour déjeuner.

Je m'allongeai sur l'herbe, à l'ombre d'un saule pleureur et je regardai le ciel.

Il était d'un bleu turquoise sans aucun nuage, si brillant qu'il me faisait mal aux yeux. Je fermai mes paupières et réfléchi à l'attitude de Rudeya.


Je connais Ruya depuis longtemps, j'aurai du me douter qu'elle m'embêterait, jouant de mes moindres réactions. On est toujours en train de se chercher, j'aurai dû être plus passive et ne pas me laisser avoir. J'avais perdu aujourd'hui! Ce qui m'agaçait le plus, c'était d'avoir réagi ainsi! C'est une gamine mais moi aussi.

Alala si je n'avais pas eu ce rêve et ces pulsions, je n'aurai pas réagi si hâtivement et excessivement.

Franchement, j'agissais bizarrement. J'aurai pu dire que c'était habituel or, malheureusement, ce n'est pas le cas, désolée si je fais des déçus.

J'ai beau être déjantée, je ne le suis pas assez pour m'envoyer Ruya et, pourtant, j'avais été à deux doigts de le faire ... et non, il n'y a pas de sous-entendus dans mes propos! Je vous vois venir, tssss. Bande d’obsédés! A moins que ce soit moi … Bon, ok c’est moi!! Je suis trop frustrée en ce moment!

Je me souviens très clairement du jour où j'ai rencontré mon agent pour la première fois. C'était un jour identique à celui-ci, dans ma ville natale sauf qu’il y faisait une chaleur étouffante, pas le moindre souffle de vent ne venait rafraîchir les rares promeneurs.

Il n'y avait pas d'air, il faisait vraiment lourd et tout le monde suait à grosses gouttes enfin à sceaux d'eau serait plus juste. Une vraie canicule!

Dans la petite galerie où j'exposais pour la première fois mes toiles, la chaleur était suffocante malgré les ventilateurs qui soufflaient un vent tiède apaisant, malgré tout j'avais peur que mes toiles et moi ne fondions comme de la neige au soleil.

J'étais seule dans la galerie et je désespérais en ce jour de voir quelqu'un, or c'est à ce moment là, pendant que je me complaisais dans l'idée que j'étais affreusement dégoulinante, exténuée et une artiste ratée mais que c'était quand même bien d'avoir tenté ma chance que Rudeya Causte entra dans la galerie. (Eh voui, mes idées sont très longues, comme mes phrases!).

Elle était habillée d'un tailleur en soie blanche qui me scotcha littéralement sur ma chaise. Elle portait une chemise de soie verte qui faisait ressortir ses étonnants yeux émeraude. Le tissu épousait parfaitement ses formes. De plus, à cause de la sueur, sa chemise collait à sa poitrine laissant entrevoir ses sous-vêtement dessous la fine étoffe ... Ah, mais à quoi je pense! Je suis vraiment en manque!! Il faut que je me trouve quelqu'un très vite pour épancher mes désirs.

Alala … C'était une image absolument stupéfiante pour l'artiste que je suis car, bien que cette tenue lui aille très bien, il était rare de voir quelqu'un ici, porter ce genre de vêtement.

Je crus, tout d'abord, que la chance me souriait et qu'elle prenait pour cela les traits de cette magnifique femme, puis quand elle s'approcha du ventilateur, qu'elle ferma les yeux et qu'elle laissa échapper un soupir de soulagement, moi, j'expirai de désespoir. Finalement, elle n'en avait que pour mon ventilateur et toutes les idées que je m'étais commencée à faire, à sa vue, s'envolèrent. Comme quoi ce n'est pas si génial d'imaginer des films avant d'avoir vu le générique de fin, car ce n'est qu'à ce moment là qu'on sait si c'est un navet ou non. Les bandes annonces sont toujours trompeuses!

Ma déception et la fatigue compagne de l'irritabilité qui m'accompagnait depuis ce matin furent telles que je me décidai à la mettre dehors en lui disant qu'ici, ce n'était pas une oasis, quand elle rouvrit les yeux.

Surprise, je m'arrêtai et la fixai. Après s'être refroidie quelques minutes, elle observa autour d'elle et remarqua ENFIN ma présence.

Ok, je n'étais pas très visible planquée derrière mon gigantesque bureau mais quand même, il y a des limites, je n'étais pas si petite que ça! (En fait, si. Je fais 1m63 mais comme j'étais énervée, je n'en ai pas pris compte).

Elle examina mes peintures et annonça à voix haute:

_" Qui est l'artiste qui a peint ces toiles? ".

_" Moi ". Répondis-je froidement.

Elle se retourna et me détailla. Le rouge commençait à m'empourprer les joues quand elle arrêta et ajouta :

_" C'est étrange et grossier! ".

Face à cette déclaration, la honte qui m'avait submergée quelques instants plus tôt disparut instantanément. En effet, je trouvais gênant qu'on me dévisage ainsi surtout lorsque j'étais vêtue à l'arrache avec comme coiffure un pétard à la place des cheveux.

Je sortais de derrière mon bureau, fulminante, prête à injurier et à frapper cette idiote et ensuite à lui demander les raisons de ses critiques quand elle me tendit sa carte professionnelle. Moi, impulsive? Sans blague! Je l'examinai et je vis marquer dessus : "Agent Artistique".

Ma colère retomba quelque peu mais pas suffisament pour m'empêcher de lui coller un aller-retour de claque. Elle ne s'attendait guère à cette réaction et n'offrit aucune résistance, à savoir soit arrêter ma main ou l'éviter.

Oui, je sais. Je suis du genre à frapper avant et poser des questions après. Mais depuis j'ai mis de l'eau dans mon vin comme on dit et je regrette énormément de lui en avoir mis une mais le passé est le passé.

Aujourd'hui, de toute façon, il ne serait pas aussi aisé de recommencer. Elle est trop sur ses gardes maintenant ... Mais oui j'ai des remords même si ça n’en a pas l'air !! D’autant plus qu'elle me tendait sa carte pour me proposer d'être mon agent, mais bon, à ce moment là, je n'en avais aucune idée.

Finalement, quand j'ai dit qu'elle avait adoré mes toiles, j'ai peut-être, mais vraiment peut-être, embelli un chouya. (Un euphémisme ça? Non, ce n’est pas du tout mon genre !).

Mais, c'était aussi de sa faute! Quelle idée d'utiliser de tels termes? Passe encore qu'on me critique sur mes fringues, il en va autrement de mes oeuvres. D'ailleurs, en parlant de ça, le 'étrange' était pour mes oeuvres et le 'grossier' pour ma manière d'être habillée. Faut vraiment douter de rien pour dire des trucs comme ça à des personnes qu'on ne connaît pas. Qui c'est comment ils peuvent réagir! Je lui prédis qu’un jour, il lui arrivera vraiment des emmerdes à force de parler comme elle le sent.

Bref, je ne lui en veux pas vraiment d'avoir pensé et dit ça, surtout que Ruya a une fâcheuse tendance à dire ce qu'elle pense sans prendre de gant quand elle ne connaît la personne ni d'Adam ni d'Eve (il en va autrement quand elle est amie avec, quoique ... c'est peut-être pour ça que ses relations amoureuses durent en moyenne un mois? Hum, je m'égare là ...).

Bref, c'était normal, j'étais vraiment habillée comme un sac. On n'aurait pas pu faire pire, chiffonnée comme une vieille chaussette oubliée sous un lit. Mais bon, ce jour là, j'étais rentrée en vrac chez moi.

La veille, à l'aube, on m'avait annonçée par un appel téléphonique strident que je devais me présenter chez le notaire de ma mère dans ma ville natale, soit à 600 kilomètres de la ville que j'habite aujourd'hui.

Pendant mes études, j'ai dû partir de ma petite bourgade qui n'offrait pas les structures adaptées à la carrière que mes professeurs me promettaient. Poussée par ma mère, je m'engageais à déménager tout en revenant le plus souvent possible, suivant les possibilités de mon emploi du temps.

Quand j'y repense, je n'aurai pas dû partir. Ma mère, soucieuse que je réussisse, me cacha sa maladie. Elle me disait toujours de prendre mon temps, de venir la voir quand je le pouvais et que si ce n'était pas pour tout de suite, ce n'était pas grave. Or, ça l’était !

Je n'aurai pas dû l'écouter car, quand elle a eut le plus besoin de moi, je n'ai pas été là. Quand elle est morte, je suis revenue dans ma ville natale pour m'occuper de tout. Ce moment de ma vie fut très dur car bien que me mère ne soit en réalité qu'une mère adoptive, je crois que je l'ai aimée plus que n'importe qui d'autre et bien plus que si elle avait était ma mère biologique. Pour moi, ce ne sont pas les liens du sang qui font qu'on fait partie d'une famille mais les liens affectifs qu'on cré.

Sa